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Discussion avec Sainte-Exp : un premier EP dans les starting blocks !

DJ, productrice et membre du Vénus Club basée à Paris, Estelle Dickinson aka Sainte-Exp s’apprête à sortir son tout premier EP dans les prochains mois (on vous tiendra informé sur la date de sortie officielle). L’opus comptera 4 titres dont deux ont déjà été dévoilés « Love & Khalle » et « Marie Jo Racers ». Laissant découvrir un style vif, entraînant, rafraîchissant. Un régal auditif.

Sainte-Exp a toujours considéré que ses productions sont un condensé de toutes les différentes cultures qui ont bercé sa jeunesse, de la chanson française à la pop en passant par le rock. Ses productions sont donc aussi variées que possible, mélangeant toutes ses inspirations pour créer sa propre vision de la musique électronique : mélodique, ronde, qui fait vibrer le corps, l’esprit et les sens, très efficace sur le dancefloor.

Image mise en avant : © Camila Rodhes

En plein dans la promo de son EP, les organisations de soirées et une vie à 100 à l’heure, nous avons eu le plaisir d’intercepter la productrice pour lui poser pleins de questions pour apprendre à la connaître sur elle et sa passion, sa vision et ses actions. Et ça tout un tas de choses super intéressante à découvrir. En plus si comme nous, vous vous demandiez pourquoi Estelle a choisi l’alias Sainte-Exp pour mixer et bien la réponse est dans l’interview… Et ça, c’est une exclu ! Bonne lecture et bonne écoute.

WODJ MAG : Bonjour Sainte Exp, comment vas-tu ?

Sainte Exp : Ça va au top merci. Bien ravie de faire cette interview avec vous.

Peux-tu te présenter à ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Je m’appelle Estelle aka Sainte Exp, j’ai 29 ans et je suis DJ et productrice de musique électronique.

Quel est ton style ?

Question très difficile ! Mon style c’est de me balader entre les styles, de prendre ce qu’il y a de mieux dans la house, la techno, la trance, le disco, l’EBM pour faire voyager mes auditeurs. Je n’ai jamais aimé me cantonner à un seul style, je trouve ça triste de se mettre des barrières quand on aime beaucoup de choses différentes. On peut résumer ça en disant que mon style c’est l’éclectisme.

Quand as-tu commencé à faire de la musique ?

J’ai commencé à jouer de la guitare et à chanter dès mon plus jeune âge. En ce qui concerne la musique électronique, j’ai commencé à mettre les mains dedans il y a environ 6 ou 7 ans je dirai, mais je fais ça de façon professionnelle depuis seulement 2ans et demi.

Si tu pouvais te définir par un seul track, quel serait-il ?

Ce serait « Jazzo » de Octave one : c’est un morceau que je trouve si complet, il m’émeut autant qu’il me fait danser.

Sainte Exp DJ et productrice basée à Paris et membre du Vénus Club Station spatiale du bon son, du kiff et de la teuf  sort son premier EP Love & Khalle via Glucoz Records

Commander/streamer le single « Marie Jo Racers » de Sainte Exp via Glukoz Records




D’où viens-tu et où vis-tu aujourd’hui ?

Je suis née à Paris et j’ai toujours vécu en banlieue. Je suis actuellement à Colombes dans un pavillon qu’on a nommé Le Terrier, où on a transformé le sous-sol en un petit club privé qui nous a bien sauvé pendant le covid et ses confinements. J’y donne des cours de mix, j’y fais jouer mes ami.e.s, c’est vraiment un de mes endroits préférés au monde.

Tu fais partie du Venus Club, un crew de femmes DJs non mixtes qui mixent et qui organisent des fêtes. Peux-tu nous le présenter ?

Le Vénus Club est un collectif 100% féminin qui ne regroupe pas que des DJs mais aussi des professionnelles de la sphère de la musique électronique. Notre premier objectif était de donner plus de visibilité aux femmes cis et trans dans ce secteur qui reste encore malheureusement très masculin et sexiste. Et notre second objectif était de rendre la fête plus safe.

Jusqu’ici, on mène nos objectifs à bien, que ce soit en donnant des cours de mix en non-mixité, en organisant des soirées, en sensibilisant le public aux VSS (violences sexistes et sexuelles), en faisant un maximum de prévention, en mettant en place des systèmes d’anges gardiens en teuf et j’en passe. Je suis vraiment très fière de faire partie de ce collectif, très fière de tout ce qu’on a accompli jusque-là, ça représente énormément pour moi. En plus d’œuvrer pour la bonne cause, ce crew est rempli de meufs extraordinaires sans qui je ne me vois plus vivre aujourd’hui, j’ai trouvé dans le Vénus Club une deuxième famille et j’espère qu’on va continuer à aller très loin toutes ensemble.



Comment se passent les soirées à Paname ?

Je trouve personnellement que ça s’arrange, mais il est vrai que c’est encore mitigé. On trouve d’excellentes soirées où on se sent bien et parfois des soirées où on a vite envie de rentrer chez soi. Il faut connaître un peu les collectifs, les organisateur.ices pour savoir lesquel.les prennent soin de leur public et lesquel.les sont interéssé.es que par l’idée de se faire de la thune. Mais en réalité, je trouve que la nuit parisienne tend à s’arranger à ce niveau-là. Les équipes de sécurité suivent de plus en plus de formation dans le but de ne plus être dans la restriction, mais vraiment dans la prévention et la sécurité bienveillante ; il y a de plus en plus de mise en place de stand de RDR, de brigade safer… On sent que les gens en ont marre de devoir être sur leurs gardes et mettent tout en œuvre pour pouvoir faire la fête plus sereinement.

Nous avions publié une étude sur la représentation des femmes DJs bookées en France, en 2018… En 2023, après tout ce qui s’est passé comment ça se passe de ton point de vue ?

Ça évolue, dieu merci, mais ce n’est pas encore ça… On a parfois à faire à ce qu’on appelle du « pinkwashing », c’est le fait de booker une femme en fonction de son genre, sans même écouter ce qu’elle fait, parce que ça fait bien d’avoir des femmes sur un line up. Sauf que nous on veut être booker pour notre talent, et pas pour donner bonne conscience et bonne image aux orgas. Mais il faut avouer qu’il y a quand même eu une prise de conscience, les gens ont fini par se rendre compte que la musique électronique n’était pas réservée qu’au genre masculin et on a découvert plein de jeunes talents féminins qui jusque-là n’osaient pas se lancer. J’espère que si on regarde les chiffres aujourd’hui ils auront évolué, même si c’est certains qu’on est très loin d’une parité 50/50.

© Mathias Dame



Tu dévoiles un second track « Marie Jo Racers » de ton premier EP à venir. Ca sent bon la techno ! Peux-tu nous présenter ton track dans un premier temps et nous parler de ton EP via Glukoz Records ?

Pour ne rien vous cacher, « Marie Jo Racers » est le tout premier track (toute tout premier track (coucou Jeanne Mas)) que j’ai produite. Je voulais y mettre plein d’influences différentes, un petit condensé de tout ce que j’aime. Alors j’y ai mis un gros kick techno, une triple basse qui rappelle la psytrance, une mélodie de piano enivrante façon trance des années 90. Il fallait que le tout donne envie de courir. Quand j’étais enfant, il y avait un chemin dans la forêt où nous faisions la course avec mes grands frères et sœurs à chacune de nos balades, que l’on appelait « marie-jo » en référence à Marie José Perec, la coureuse française. Je voulais une mélodie entêtante et un rythme galopant qui m’aurait permis d’ENFIN gagner cette course.

L’EP entier se nomme Sainte Experience… et oui j’aime bien jouer sur les mots. Il regroupe 4 tracks qui ne se ressemblent pas et j’en suis bien ravie ! Comme je vous disais tout à l’heure, j’ai plein d’influences différentes, j’aime plein de styles différents et j’aime faire de tout. Donc j’étais vraiment contente que Glukoz me propose de sortir cet EP sans ligne directrice de style ou de genre. J’ai pu leur proposer 4 tracks singulières. Le premier single « Love & Khalle » qui est sorti en juin est bien plus house solaire, et les deux autres morceaux à venir sont plus techno, dont un acid et l’autre rave.

Quel est ton studio d’enregistrement ?

Je produis chez moi, au Terrier avec mes petites machines. J’ai une tb03, une tr8s, un mpk mini, un clavier et ableton pour m’aider à organiser tout ça. Je suis en possession depuis peu d’un super micro dans l’espoir de poser ma voix sur quelques tracks à venir.

Comment trouves-tu l’inspiration pour produire ?

La question serait plutôt: « comment je trouve le temps de produire ? » ahah. Je vis un peu à 100 à l’heure mais quand j’ai une idée en tête je me mets en mode prod pendant des heures, des jours, jusqu’à ce que je sois contente de ma track. C’est assez rare que je sois sur plusieurs tracks en même temps, j’aime vraiment terminer un projet avant d’en lancer un autre. Et à vrai dire l’inspiration me vient toujours quand je m’y attends le moins. Parfois je suis à vélo et il y a une mélodie qui pop dans mon esprit, alors je m’arrête sur le bas-côté, je sors mon téléphone en mode dictaphone et je m’enregistre chanter cette mélodie avant de l’oublier. Parfois je me réveille avec une mélodie inconnue en boucle dans ma tête que je mets ensuite en forme sur ableton. C’est pratique d’avoir un subconscient qui bosse tout seul sans qu’on ne lui demande rien ahah.

Quel est l’endroit dans le monde où tu rêverais de jouer ton EP ?

Dans le monde, c’est très vaste, je pense qu’il y a plein d’endroits que je n’ai pas encore découvert et qui sont pourtant incroyables, où j’aurai très envie de jouer ! Mais déjà dans les endroits que je connais je rêverai de jouer mon EP au Sisyphos à Berlin, ou encore au Renate ou au Panorama Bar. Et dans notre belle France je rêverai de fouler un jour le parquet du Rex ou de gravir les marches du Sucre.

Quels sont les artistes et les producteur.ices qui occupent une place importante dans ton univers artistique ?

Le premier artiste auquel je pense c’est tout de suite Laurent Garnier. C’est avec sa musique que j’ai découvert cet univers et il est depuis resté le king. J’ai dû le voir jouer une bonne vingtaine de fois et à chaque fois c’était une claque. Ce mec a de l’or au bout des doigts, chacune de ses tracks est d’une perfection…

J’ai toujours été très inspirée par Cinthie. Elle sait tout faire, elle est incroyable. La meuf est une DJ or paire, ses productions sont excellentes, elle gère je ne sais combien de labels, elle a un studio d’enregistrement qui permet à plein d’artistes de sortir des bombes, elle a un des meilleurs record shop de Berlin (elevate). Elle a tellement de cordes à son arc et elle excelle dans tout ce qu’elle entreprend, elle me fascine.

Qu’aimerais-tu concrétiser avec certain-es ?

J’aimerai beaucoup jouer au Festival Yeah, festival dont Garnier est aux commandes dans son magnifique village de Lourmarin. Ce n’est pourtant pas un festival dédié qu’aux musiques électroniques mais encore une fois j’aime tant de styles différents que j’y trouve toujours mon compte. J’y vais chaque année pour l’ambiance familiale qu’on y trouve, entre teuf et fête de village, j’adore. Je me verrai tout à fait faire un DJ set au château un soir ou bien au terrain de tennis le dimanche aprèm (moment généralement dédié aux Djs, là où le reste du festival regroupe plutôt des groupes acoustiques).

Et qui sait, un jour peut-être sortirai-je un EP ou même juste une track sur un various sur un label de Cinthie, We R House ou 803 Crystal Grooves, on peut toujours rêver.

Tu pourrais nous mettre l’eau à la bouche, en nous teasant sur l’un de tes prochains projets ?

J’aimerai bien développer plus en profondeur ma carrière personnelle, mettre un peu plus de Sainte Exp dans le monde. Même si je mets un point d’honneur à continuer à œuvrer avec le Vénus Club !! C’est vrai que je suis souvent bookée au nom du Vénus Club et j’en suis hyper fière, mais j’aimerai bien commencer aussi à me démarquer un peu, faire mon petit bout de chemin. C’est la raison pour laquelle je cherche actuellement une agence pour m’aider à reprendre mes bookings solo et à m’exporter un peu plus.

A côté de ça je continue à faire de la prod et j’espère bien continuer à sortir tout plein de sons pour le plus grand plaisir de vos oreilles.



Tes 5 titres préférés, quels sont-ils ?

01. DJ Rolando – « Knight of the jaguar »
02. The Weather Girls – « It’s raining men »
03. Joe Smooth – « Promised Land »
04. Laurent Garnier – « The man with the red face »
05. Jam & Spoon – « The age of love »

Quel est ton plus grand rêve, et comment comptez-vous le réaliser ?

Mon plus grand rêve serait tout bêtement d’être DJ à plein temps, de pouvoir vivre de ma passion. Je me sens tellement vivante quand je suis derrière mes platines à regarder les gens danser, j’aimerai pouvoir faire danser le monde entier. Regarder le soleil se lever sur des visages souriants mais épuisés d’avoir passé la nuit à taper du pied, c’est la vie que j’ai envie de mener !

Merci Sainte-Exp pour tes réponses. Tiens une petite dernière question qu’on a pas abordé dans cette interview : pour assouvir notre insatiable curiosité, on veut savoir d’ou ce nom d’artiste « Sainte-Exp » ?

C’est le diminutif de Saint Expédit, que je me suis permise de mettre à féminin (et oui, on oublie souvent mon E à SaintE sur les visuels et ça m’agace ahah). St Expédit c’est le patron des causes perdues et urgentes, c’est tout moi ahah. Quand j’étais enfant, ma mère me racontait que sa grand-mère priait régulièrement St Expedit et quand elle lui a demandé pourquoi elle lui a répondu « pas grand monde le connaît, il n’y a que moi qui le prie donc il exauce mes prières ». On n’était pourtant pas très croyant dans la famille mais quand ma mère était en galère et qu’elle disait « stp saint expedit » il se produisait toujours un miracle, alors moi j’étais persuadé que c’était une sorte de magicien, d’ange gardien, qu’il me porterait chance, et jusque là il a fait le taff ahah. Aujourd’hui quand je ne trouve pas de place pour me garer de je demande à St Expedit et y a toujours une place qui se libère, au point que mes proches pensent que c’est le patron des places de parking…

Commander/streamer le single « Marie Jo Racers » de Sainte Exp via Glukoz Records

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